Le 23 octobre 2008, j’ai acheté un superbe étalon welsh, Friquet d’Audes. Je n’ai pas d’élevage, ni de projet d’en monter un, je suis une adulte, de taille, ma foi, moyenne, de stature normale (comprenez pas filiforme, et même avec l’option postérieur rembourré) et il a 15 ans. Oui mais c’est Friquet.
Bizarrement, je me souviens pas spécialement de la première fois que je l’ai vu. C’était l’étalon de l’élevage tout neuf de ma cousine, intéressé par les carottes, mais absolument pas par les gratouilles, et cet été-là (en 2001), les 1ers poulains venaient de naître ! Autrement dit, je gâtouillais à fond et je n’avais jeté qu’un œil distrait au poney gris qui broutait au fond du pré…
Par contre, je me souviens parfaitement de quand il m’a tapé dans l’œil ! C’était l’hiver suivant, je donnais un coup de main à ma tante pour nourrir tout ce beau monde. Friquet et ses ponettes étaient maintenant séparés des poulains. Il faisait déjà nuit et il a débarqué dans la lumière, tout blanc, avec ses petites oreilles pointées, ses beaux yeux sombres et son poil d’hiver. Et voilà, j’ai craqué.
Ca faisait bien longtemps que je n’étais pas montée à poney. Je montais toujours en club, mais logiquement, j’étais à cheval (c’était bien avant que je découvre les pony-games !). Aux vacances d’été j’ai commencé à le monter. Lui avait été débourré, puis mis au pré pour faire son boulot d’étalon, tranquillou. Ma cousine l’avait essayé à son arrivée, mais sans plus, elle avait déjà un cheval pour faire du dressage et ça lui suffisait. Autant dire qu’on ne savait pas trop à quoi s’attendre quand j’ai posé mes fesses dessus ! Hé ben bingo ! ça n’a pas loupé, après tout, c’est bien un poney ! il a essayé de me virer au 1er tour de trot ! Heureusement, je ne suis pas tombée. Il a, du coup, trouvé que c’était un exercice bien fatiguant, et c’était fini, j’avais découvert une perle.
Un 4X4 qui passe partout, toujours plein de bonne volonté, les oreilles (ah ! ces oreilles !) toujours en avant, qui saute avec envie, que ce soit en carrière ou en extérieur et avec un caractère en or. Un poney adorable, on en oublierait presque qu’il est entier, sauf quand un autre passe à côté et qu’il commence à faire le caïd en roulant des épaules ! Et là, c’est pire, je me dis Bon sang qu’il est beau !
J’ai donc monté régulièrement aux vacances (y’a 450 km au minimum à faire pour aller là-bas…) mon beau Friquou, pendant plusieurs années, j’étais quasi la seule, tout allait bien. Jusqu’à un mardi soir de mai 2005 où, en rentrant tard du boulot, j’écoute mon répondeur et j’entends ma tante, la voix tremblotante, m’annoncer que Friquet a été vendu et qu’il part le jeudi. Et là tout s’effondre. Je comprends pas. Qu’est-ce qui s’est passé pour que ma propre cousine ne me tienne pas au courant ?! J’y étais 15 jours avant !? Bref, la vie a été rude, pendant un moment. Impossible d’oublier. J’avais des flashs de souvenirs qui me faisaient retomber le moral dans les chaussettes. Au bout d’un an, c’était trop dur, j’ai pris mon courage à 2 mains et j’ai écrit aux nouveaux propriétaires. Juste pour avoir des nouvelles et qu’ils sachent que s’ils avaient besoin de vendre Friquet, qu’ils me le disent ! Mon message les a touchés et nous nous sommes rencontrés lors de leur passage dans ma région. Ils m’ont envoyé des photos, donné de bonnes nouvelles. Je respirais de nouveau et pouvais commencer à passer à autre chose. J’ai repris le cheval en club (j’avais arrêté à la fin de mes études), monté un petit e-commerce (comme on dit de nos jours !) de matériel d’
équitation et eu un bébé.
Il avait 5 mois quand ils m’ont contactée. Ça y est, Friquet était à vendre de nouveau. Et là, plein de choses défilent dans le crâne, c’est une bataille rangée entre le cerveau et le cœur, le raisonnable et l’affectif. J’ai toujours pas de salaire et un bébé à m’occuper. Oui, mais c’est Friquet. Il a 15 ans, c’est un poney ! Oui, mais c’est Friquet. On est en appartement, en plus c’est un entier ! Oui, mais c’est Friquet. Mon mari, qui avait tout vécu depuis le début, lui aussi, en spectateur, a beaucoup moins tergiversé. On l’achète. C’était parti ! Quelques semaines à chercher une pension qui accepte les entiers et où il ne soit pas en box, trouver un moyen de locomotion, se mettre d’accord sur la date et en route pour les Pyrénées. La route est longue mais inutile de vous dire que plus on s’approchait et plus mon cœur accélérait ! J’avais des flashs et cette fois, c’était ses petites oreilles que je voyais, j’en trépignais !
Enfin l’arrivée ! Il était là, tout crado, mais toujours aussi beau, les oreilles pointées, fringant. A tomber.
L’impatience m’a fait friser l’impolitesse. Non, merci, j’ai pas spécialement envie de visiter, oui, je suis sûre que ses petits sont adorables, mais ce que je veux, c’est lui. Alors en 2 temps, 3 mouvements c’était fait, signature, échange de papiers, les protections aux membres et il était dans le van. C’est les joues rouges et les yeux brillants, que j’ai remercié de tout mon cœur cette dame que je connaissais à peine mais qui n’avait pas oublié sa promesse. Elle était toute émue, elle aussi, elle savait très bien tout ce que ces papiers que je serrais représentaient. Je les ai serrés un bon moment sur le trajet retour, j’arrêtais pas de me dire, Bon sang, c’est fou, il est juste là, derrière. Et évidemment, c’est ses oreilles que j’imaginais !
C’était parti pour la vie de propriétaire !

Une bien belle histoire qui donne envie d’en savoir plus !
Friquet a en effet une bien jolie bouille !
Non, « les négociations sont rompues » depuis.
Sinon, je m’extasie régulièrement sur ses « exploits », qui me font oublier sa tendance à tourner comme un bateau à gauche et sa phobie des maisons en balade (oui, c’est très pratique…). Parce que passer sur une bâche, c’est de la gnognotte pour lui (:fier:) maintenant on passe sous, voire à travers les bâches ! Et on a même traversé le pont au-dessus de l’autoroute (re-:fier:), pour un poney qui a vécu toute sa vie dans des prés au milieu de ses ponettes, c’est fort !
C’est ça le truc, j’en suis tellement gaga, que j’ai tendance à me rengorger à chaque petit pas. D’accord, il est tendu comme un arc dès qu’on longe une maison, il a tendance à s’arrêter et scruter souvent les alentours, mais il passe et ça suffit à mon bonheur.
PS : Baskit, note : Sublime ! :fier:
Magnifique histoire!! Il est vraiment sublime ton poney!
C’est pas très sympa de la part de ta cousine de l’avoir vendu comme ça, sans même t’avoir proposé avant de le prendre… Elle t’a expliqué pourquoi?
Bon, maintenant il va falloir nous faire un article pour nous raconter comment se sont passé vos retrouvailles et puis vos aventures depuis!
Belle histoire – ça fesait longtemps qu’on avait pas eu une nouvelle belle histoire de rencontre !
@Baskit: j’ai dit « roi de la provoc’ » pardon ca m’a échappé
, je coyais l’avoir juste penser très fort. N’empêche le charity business des assoc c’est bibi qui s’y est collée. Maintenant je fais dans les véto pourris. Va pas me rester grand monde comme copain dans le milieu….
C’est moi le « roi de la provoc »? Quelle réputation! Cela dit, je prends
« pas trop moche « dit par le roi de la provoque c’est toujours mieux que « super beau » dit par le roi des faux cul
Pas trop moche ?!! Arggh, mon coeur !…
C’est vrai que j’ai eu beaucoup de chance de tomber sur des gens qui n’ont pas juste cherché à le vendre au plus offrant (auquel cas je n’aurais eu aucune chance…).
Une chance que les nouveaux ex-propriétaires soient aussi complaisants et impliqués! Comme dit Fred, ça devait être écrit
… et on va dire qu’il n’a pas l’air trop moche ce poney
Merci !
:blush: Je suis toujours fière comme un paon à chaque fois qu’on me fait un compliment sur mon poney !
Soit dit en passant il est très beau
Quelle magnifique histoire et si je croyais en peu au destin, je dirais que c’était écrit, tout bêtement écrit. Vous deviez vous retrouver un jour. C’est vraiment une très jolie histoire et j’espère que la suite sera à la hauteur de tes espérances