Le monde du dressage, en permanence divisé ?!

Bon après plusieurs sujets Western, je lance un sujet dressage, qui comme bien souvent enflamme les passions.

Je suis cavalière depuis plus de 15 ans et mon apprentissage est heureusement en évolution permanente mais là j’ai un peu un ras-le-bol, une overdose !!! Je ne prétends donner aucune vérité dans ce sujet, je fais juste part de mon « ressenti ». Je m’explique …

amalie1 Le monde du dressage, en permanence divisé ?! photo chevalAu départ on nous apprend des choses pendant le passage des Galops Fédéraux et puis finalement après tout ça on te dit : « non mais ça c’est bon pour les cours club, c’est des conneries …. maintenant il faut évoluer et faire ci ou ça » et là tes repères sautent et tu repars sur autre chose …

Moi qui aimais faire des stages avec des instructeurs ou professionnels différents dans l’idée de prendre un max d’expérience de chacun bà je sais plus trop quoi faire en fait car je suis confrontée à trop de contradictions dans l’enseignement.

Un jour on me dit : arrête de pousser avec l’assiette, d’autres fois le contraire,… un jour on me dit t’es trop en avant, l’autre trop en arrière, … travaille ton cheval la nuque haute et d’autres travaille-le rond et bas.

Bref, je sais qu’un cheval change d’un jour à l’autre et qu’il faut évoluer avec lui mais j’ai quand même besoin d’avoir des indications claires, pour quand je bosse seule après !!

Personne n’est en accord sur le type d’enrènements à utiliser quand tu longes, quand tu montes, …. Franchement c’est fatiguant … mon ancien instructeur me disait « longe-le avec la longe en colbert pour qu’il descende et des «élastiques Pirelli » (avec le long bout en caoutchouc pour ceux qui connaissent pas) puis suite aux conseils d’un pro lors d’un stage je décide de le longer avec la longe accrochée au surfaix via le mors et un Pirelli de l’autre côté et en effet il est pas mal du amelie2 Le monde du dressage, en permanence divisé ?! photo chevaltout puis l’autre jour, je le longeais comme ça quand l’instructeur de mes écuries arrive et me dit « en gros » : mais qu’est-ce que tu fous ?!  il faut que le cheval soit enrèné des 2 côtés et surtout pas avec des élastiques car il n’a alors pas de point fixe, prends plutôt des rènes fixes avec un petit anneau de caoutchouc si tu veux mais pas de Pirelli et surtout n’accroche pas la longe comme ça, juste accrocher simplement au mors ça suffit. Du coup je rechange tout parce que c’est quelqu’un de très compétent et un expert du travail à la longe en me disant « j’fais que des conneries, mon doudou doit plus rien comprendre ! »

Ok génial alors je fais quoi moi dans tout ça ?! Il n’y a pas de méthode juste et ça c’est gonflant, chacun y va de son idée, son avis, son expérience …

Ensuite la plus grosse des contradictions c’est dans la façon de travailler ton cheval. Si tu suis un stage avec un cavalier de dressage qui travaille en « méthode » dite allemande, on te demande d’avoir un cheval bas et rond, (en englais LDR : low, deep and round) dans une bonne locomotion, tension sur les rènes. (Attention je ne parle pas ici des dérives du Roll Kur, de l’hyper-flexion et autres horreurs mais bien de l’équitation type allemande de qualité pour un travail de ton cheval au quotidien).

Et puis tu vas avoir, ce que j’appelle la « méthode » de tradition française, véhiculée par notre historique équestre : légèreté, légèreté et légèreté, soumission au mors, nuque le point le plus haut, …. Ce que moi on m’a enseigné avec mon instructeur très ancienne école (avec lui j’ai lu Baucher, Decarpentry, Beudant ou le Général l’Hotte, les anciens du Cadre Noir et c’était génial, j’ai appris des choses étonnantes et j’admirais sa façon de monter et de travailler les chevaux  mais en même temps en concours il ne gagnait pas … ).

Au final aujourd’hui, dans mon écurie 100% dressage où ils sortent en compétition, on me parle « d’équitation moderne » et que l’ancienne école française ne colle plus à ce qu’on recherche aujourd’hui …

Alors bon, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise « méthode je pense » … mais en même temps j’ai l’impression qu’on est obligé de rentrer dans une « école », de « choisir son camp » pour progresser !

PS : je parle de méthode en utilisant des guillemets car il n’y a évidemment pas de « méthode » allemande ou française mais c’est pour clarifier mon idée de « 2 façons de monter différentes ».

Tags:

Tagadas:Disciplines, dressage

Vous pouvez également lire sur le même sujet:

30 commentaires pour “Le monde du dressage, en permanence divisé ?!”

  1. En fait, on oublie l’essentiel, c’est le pourquoi. Pourquoi telle ou telle école? Chaque « méthode » ou plutôt orientation, résulte d’objectifs définis. L’art équestre tel qu’il s’est développé au XVIIe s. vise à la maîtrise du cheval – même le plus délicat – en situation de guerre. Le meilleur est alors celui qui peut maîtriser le plus difficile. Aujourd’hui, le meilleur est celui qui peut atteindre le plus hautr degré de perfection dans une situation optimale: un carré de dressage. Ces deux pourquoi n’ont tellement RIEN à voir l’un avec l’autre qu’on pourrait se demander quel est le lien ou le lieu du litige. Ce lieu est celui du concept d’excellence: qui est le meilleur, de celui qui maîtrise et mobilise un cheval difficile en situation de survie ou de celui qui fait rendre l’excellence à un cheval adapté dans un milieu adapté.

    • Tout à fait d’accord avec ça.
      J’ajouterai par contre que l’équitation actuelle est pervertie par des juges qui ne sont pas cohérents dans leur façon de noter. On voit partout des chevaux encapuchonnés (et pour cause, ils sont rollkurés à l’entraînement …), raides dans leurs postérieurs, figés sur la main, comme prenant carrément un appui sur une 5ème jambe. Le règlement officiel condamne bien sûr ces pratiques, et pourtant les notes ne cessent de grimper. Le problème est que les juges ont été progressivement mis en place par les instances allemandes et scandinaves, et qu’ils n’ont plus qu’une seule conception de l’équitation : le fameux tire-pousse !
      Tout celà a bien sûr une raison : il est assez rapide d’amener un cheval à exécuter des mouvements de grands prix avec ces méthodes (vite et mal surtout), et celà permet de mettre sur le marché des chevaux qui atteignent très vite de la valeur (puisque les juges leur accordent grâce). Ceci associé à des chevaux de très grande qualité qui ont un équilibre naturel, et une conformation capable de supporter ces contraintes barbares, fait qu’on a l’illusion d’être dans le bon chemin, alors qu’on marche sur la tête.

  2. L’instructeur qui sort en concours et qui ne gagne pas… c’est peut-être simplement parce qu’il ne colle pas à l’image actuelle que veulent les juges : des chevaux très démonstratifs sans forcément être justes.

    Pour l’équitation de tradition française je suis d’accord et pas d’accord : la tradition ne commence pas à Baucher !
    Elle commence bien avant avec des gens comme La Guérinière, et l’équitation classique allemande reprend très bien La Guérinière.

    Et équitation classique allemande ne signifie pas ‘équitation allemande moderne’. Si on prend a Scala, ça n’a rien à voir avec les terrains de concours actuels.

    Quant à Saumur… c’est mieux maintenant, mais avant c’était pas franchement la gloire : l’écuyer en chef n’était pas le meilleur cavalier, mais le meilleur militaire, et ça ça a fait beaucoup de mal à notre équitation.

    • oui oui oui La Guerinière j’ai lu aussi !! et oui c tout à fait ça pr l’instructeur. Moi il a mon plus grand respect car je sais comment il travaille les chevaux mais en effet ça ne colle pas avec ce qu’ils cherchent en concours. Par contre il bosse les chevaux au travailà pied, faut voir ça c’est hallucinant !!

  3. Bin justement, les ibériques pour en avoir monté pas mal et des dressés, c’est à une main et plutôt assez derrière le mors justement.
    Après faut pas comparer la locomotion d’un demi trait comme le frison et celle d’un ibérique ou QH. Tu limite le débat et « l’hyper flexitude ». Mais ça va au delà avec le frison et l’ibérique. On rentre dans la locomotion ET la morphologie de nouveau.

  4. moué enfin très sincèrement, après avoir monté du holsteiner, kwpn, SF et anglo, je trouve les QH hyper flex et faciles à passer derrière le mors, comme facile à avoir ronds et bas puisque c’est leur morphologie.

    On leur demande pas de piaffer ni de passage en EW.
    Pour le reste, on fait pareil. Epaules en dedans, appuyés, changements de pied, transitions etc… A une main par contre, d’où l’importance de « derrière le mors »…

  5. Quand je dis « ça se trouve très bien », je parle de ceux que j’ai monté et qui ont été bossé par des pro, la mienne par exemple n’est pas du tout derrière le mors….. C’est une question de travail bien sur, elle y arrivera. Ils naissent pas comme ça ;-)

  6. cool jsuis contente que mon sujet intéresse tout le monde ;-)

    Bon justement hier il a bien bossé le loulou. C’est un malin, il est très actif de l’avant main&du dos donc tu crois qu’il engage mais en fait non, quand tu regardes les postérieurs, ça pousse pas assez, ça engage pas sous la masse … Les fois où il est vraiment génial c’est quand il est chaud bouillant et a envie de faire le con et là t’inquiètes – ça engage fort !! lol.
    haha mais hier soir entre des transitions en abondance et beaucoup d’assouplissements, ça a porté ses fruits !!

    je dois dire cependant (pour relancer la polémique ;-) ) que je suis plutôt partisane du cheval qui s’appui sur la main (sans avoir 3 kilos bien-sûr) que le « zéro gramme » dans les mains car je pense que mon cheval, grande masse, beaucoup de puissance et de gaz a besoin de ça pour tendre son dos et travaille bien mieux.
    Je pense qu’il est essentiel d’avoir le dos du cheval tendu afin de porter son cavalier et de rammener l’énergie des postérieurs dans l’avant-main pour la canaliser ensuite …
    voilou voilou …. maintenant c’est ce que je ressens sur le miens ;-)

  7. Ahhhhh un peu d’ambiance sur ce site, j’adore, merci Amélie!!!!

  8. Sauf que pour ma part, le dressage c’est quelque chose de profond et on peut pas changer tous les 15 jours en profondeur sans en effet , perturber les éventuels repères et réglages du cheval. Ce qui peut amener de la confusion voire de l’incompréhension. Je trouve ça confortable pour personne.

    Oui c’est pas grave d’essayer des bricoles, des trucs, quand on veut. ça doit pas perturber grand chose.

    En tout cas, si je me mets à monter mon cheval actuel comme on m’a appris au Québec, il va paniquer grave et ça devient inconfortable pour tout le monde. Donc la méthode actuelle faisant son effet sur lui, je monte selon la méthode du coach même si mon coeur balance pour une autre.

  9. je constate surtotu uen chose de mon coté, a entendre ce que disent les cavalier a droite ou gauche,

    1 – c’est que tout le monde est dans le meme cas que toi

    2 – la majorité des pro sont bloqué sur une methode(bien souvent celle qu’ils ont apprise), rare sont ceux qui savent reconnaitre le bien fondé d’une autre methode, parfois ils en apprenne une autre, mais oublie les autres.

    au final il est difficile d’utiliser une autre methode dans un club que celle qui y est utilisé, le probleme du : « j’ai l’experience, pas toi » et du « je suis un pro, pas toi ».

    donc il n’y a pas 36 solutions, comme tu l’a dit toi meme, prendre ce qui te semble cohérent, et encaisser les critique si il le faut

    • @franck : mais non t’as pas compris …. y’a pas de cavalier de gauche ou de droite !! c’est plutôt « tension » ou légèreté les parties politiques ;-) lol

      • lol :-)
        C’est tout à fait ça oui … Tension ou légèreté.

        Pour ma part, je suis convaincu par le bien fondé de la recherche de la légèreté.

        A ce sujet, j’ai beaucoup aimé le dernier livre de Philippe KARL : « Dérives du dressage moderne », que je recommande à tout le monde. C’est une critique des méthodes de dressage recommandées par la FEI, mais ça ne s’arrête pas à celà … Chaque point est détaillé dans la description « officielle », puis analysé et critiqué (dans le bon sens du terme) en mettant en évidence les dérives par rapport aux principes de l’école de La Guérinière (dont la FEI se réclame). L’auteur fait ensuite une description très claire de sa façon de penser et argumente chacun de ses choix. C’est un régal à lire et une véritable mine d’or de la connaissance équestre.

        Voilà, je précise juste que je ne connais pas personnellement Monsieur Philippe KARL :-) lol

  10. L’art est subjectif…
    S’il y avait « une recette » universelle même sur un temps donné, ça se saurait…

  11. Mon instructeur m’avait dit un jour une phrase qui m’a profondément marquée : « l’équitation est simplement un bibliothèque de sensations, les bons cavaliers sont ceux qui auront expérimentés un maximum de sensations et sauront les utiliser au moment opportun ».

    Partant de là, on ne se trompe que lorsqu’on fait les choses sans les comprendre. Aucune méthode n’est mauvaise qd on comprend à quoi elle sert et comment la mettre en oeuvre.

    Alors du coup, plutôt que de te faire des noeuds au cerveau pour savoir quelle est la meilleure méthode, raisonne sur ce qu’on te propose, essaye sérieusement pendant un temps, décide si ça convient au travail de ton cheval à ce moment là… et si ce n’est pas le cas, tu t’en resservira probablement un autre jour ou avec un autre cheval ;o)

    Le dressage est un art difficile… et en matière d’art, personne n’a jamais complètement raison!

  12. @Claire : oui on est d’accord au final c’est le même résultat sur les terrains … mais le conflit est plutôt dans la façon de vivre le travail du cheval au quotidien. Les uns vont te demander « 2 grammes dans les mains » et les autres que le cheval « prenne appui sur ta main  »
    Bon moi j’ai plutôt un cheval qui a la gueule en avant et qui s’écrase carrèment sur la main :-) donc j’essaye surtout de le ré-équilibrer. C’est justement un cheval allemand donc il a été débourré dans ce sens là.
    Oui jsuis assez partisane du « prendre ce qui nous semble bon pour moi&mon cheval » mais si ça trouve t’es dans l’erreur ! arghhh l’angoisse de mal faire avec son cheval arrive à grand pas ;-) et pis les coachs aiment pas quand tu fais à ta sauce ;-)
    Bon c’est aussi mon changement d’écurie depuis quelques temps qui joue jpense.

    • C’est ce que je me dis comment le cheval vit de changer de méthode tous les 66 mois, est ce que ce n’est pas un coup à lui faire péter un cable?

      • Sauf ton respect Fred, m’est avis que le cheval s’en fiche de changer de méthode ;o)

        Tant qu’on ne le malmène pas, qu’il n’a pas mal et qu’il arrive un tant soit peu à faire ce qu’on lui demande, il le vivra très bien je pense. Contrairement à nous, il n’a pas spécialement envie de progresser dans son travail :o P

        Maintenant, si le fait de changer de méthodes de travail ou plutôt de mal appliquer une nouvelle façon de faire induit une gêne physique au cheval, c’est certainement là qu’il faut s’interroger sur le bienfondé de ses choix…

    • @my_little_fairy : la mienne a la gueule en l’air la moitié du temps, et quand elle commence à descendre, à part en de rares moments de grâce elle s’appuie trop à mon goût aussi, alors j’essaie de rééquilibrer. Mais j’ai de l’espoir quand même (d’ailleurs si quelqu’un a des exercices à me conseiller pour arriver à la garder ronde tout en l’incitant à reporter son poids du corps sur l’arrière ? Je sais, vous allez me dire « engagement », mé z’encore ?

  13. La perpétuelle querelle… Je dirai simplement choisit la méthode qui vous convient le mieux à toi et à ton cheval !

  14. On a un peu les mêmes problèmes en reining. La discipline, les cavaliers, et les chevaux ont tellement évolué en même pas une 10zaine d’années…
    Je ne suis pas d’accord à 100% avec mon coach mais je suis les grandes lignes au maximum, et montée à 100% parce que le résultat est là et que c’est un très bon pédagogue…

  15. Mais si euuuuh. Pour moi ce que je vise (un jour), c’est plutôt la tradition classique ; pour l’instant, je fais comme on me dit, c’est-à-dire : bas et rond. Cela dit, arrête-moi si je me trompe, j’ai l’impression que le « bas et rond » n’est qu’une étape intermédiaire, celle qui met le cheval en position de se muscler suffisamment pour ensuite se porter seul dans un vrai rassembler (nuque en point le plus haut, assis…). Et qu’en fait on a un peu transformé en « méthode de dressage », ce qui n’était qu’une gymnastique, grosso modo.

  16. et ben voilà Fred, tu vois bien, ça inspire personne mon sujet dressage ;-)

    • Non j’ai pas dit ça, j’ai dit qu’on était plutôt du genre civilisé et qu’il n’y aurait pas d’insulte ni de crepage de chignon sur ce site…. encore que je peux me tromper….. Oh c’est pas grave tu vas essuyer les plâtres :-)

Répondre