Parce que nous avons 4 chevaux bien nourris, choyés et choisis égoïstement pour notre bon plaisir en bref pour les monter, je souhaitais faire la démarche de sauver un cheval en partance pour la boucherie ou d’en récupérer un maltraité. Pour une question de place, nul autre choix possible que celui d’accueillir un poney de petite taille. Sur 5 hectares, j’aurais pris n’importe quoi du trait breton au trotteur en passant par le percheron ou le haflinger mais la question ne se pose pas, nous sommes déja en surpaturage avec des chevaux à complémenter a l’année.
De là, commence le parcours du combattant pour le futur adoptant d’un poney que je suis. Des heures passées sur les sites d’associations en tout genre avec de mon point de vu les deux plus sérieuses en France que sont Cheval Avenir et Galop Pour La Vie. Les autres sites ou forums se contentant de vous balancer des liens vers des chevaux a vendre supposément en danger mais sans détail sur l’histoire et le passé du cheval. De là a croire que certains usent de l’argument « boucherie » pour refourguer leur marchandise via des forums animés par des gens certes de bonnes volonté mais pas toujours très bien renseignés, il n’y a pas loin.
Du réformé de course ou du trait on en trouve en veux-tu en voila, mais rarement du vrai poney ne dépassant pas le 1M20. Des semaines à lire des histoires sordides, tristes et déprimantes.
Il arrive par ailleurs qu’on tombe sur une annonce qui fait tilt tel « poulain shetland a vendre 300 euros dans les plus brefs délais au risque d’un départ pour la boucherie ». Pas de certitude sur la menace qui pèse sur l’adorable bestiole mais une bien réelle sur celle qui pèse sur vos finances: il vous faudra débourser en frais de transport pour rapatrier l’animal jusque dans vos pénates environ 0,75 centimes du kilomètre aller ET retour. Votre sauvetage prend toutes les allures d’une banqueroute si la petite bête est à 500 km de chez vous.
Car il ne faut pas se leurrer, lorsqu’on est dans une démarche de sauvetage dans l’absolu, c’est a dire comme nous à la recherche d’un vieux, d’un pas montable, d’un malheureux qui disons les choses comme elles sont ne « servira » a rien d’autre a qu’à vous apporter de la tendresse, on est pas forcément prêt a débourser 1000 euros transport et achat/sauvetage inclus. Le cas typique étant celui des poneys shetland que l’on trouve en masse via Face Book par le biais de nombreux profils associatifs ou non. Poneys a vendre mais pas trop chers, comptez 800 euros le rapatriement dans l’Orne. Gloups.
Le compromis entre trouver le bon poney celui qui a vraiment besoin d’être secouru, celui auquel vous pourrez apporter quelque chose car certains ont des pathologies lourdes et vous ne vous sentez pas de les accueillir, et le coup de son adoption n’est pas chose facile à obtenir. Le point positif étant que les semaines d’attente et de recherche vous permettent de murir la décision de l’adoption et de ne pas vous lancer à la légère.
Illustration: Cheval Avenir

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